IX – Terre d’Harmonie

Petit roman symbolique entre prose et poésie, composé de trois chants.

(en vente chez l’auteur au prix de 10 euros plus frais de port)

Liminaire

La journée a été dure ; les conditions de vie difficiles ; l’actualité terrible.
Nous en avons parlé et souffert.
Mots et maux…

Puis, peut-être pour consoler nos âmes en peine, la parole s’est levée.
Pour nous, dépassant l’immonde, elle a créé le monde.

Je vous offre ce que j’en ai retenu.

PREMIER CHANT (extrait)

L’après-midi, elle voulut aller se promener seule à Sauvageat, dont on apercevait les toits à travers les arbres d’hiver. Elle devait surtout penser qu’ainsi je travaillerais un peu. Mais, décidément, mon esprit faisait le cheval échappé et, lorsque je pris une feuille de papier, au lieu d’un raisonnement judicieux qui aurait fait progresser ma recherche, voici ce que j’écrivis ou ce qu’il me fut donné d’écrire, dont, tout de suite, je ne compris pas bien le sens. Le papier jauni est resté là, parmi ce que j’ai gardé de plus cher :

« Il neigeait le soir où je mourus
Mais c’est ton feu qui me fera revivre
Quand l’odeur âcre des sarments révulsés
Aura parcouru la demeure
Renaîtrai-je alors plus heureux ?
Puissions-nous n’avoir pas vieilli ! »

DEUXIÈME CHANT (extrait)

De ton sang jailliront des arbres
Et mille oiseaux
La vie coulant d’un simple cœur
Est le miracle…

Mais la charrue doit à l’automne
Tout retourner
Tout déboussoler du ciel bleu
Et traverser l’hiver

Les yeux peuvent être miroirs
Si tu leur confies du soleil
Il faut brûler beaucoup de toi
Pour une flamme

Le miracle est là dans ton cœur
Qui bat les mauvais jours
Tel il rythmait les heures claires
Tel il dansait

Or, sur les marches du désert
Tu peux fleurir
Et de ta solitude et de ta lassitude
Faire un puits

TROISIÈME CHANT (extrait)

Un rayon d’or, les ailes du printemps, la robe rose d’une aurore ont pénétré chez nous avec l’haleine de lys du jardin.

C’était comme si le vieux plafond se piquetait d’étoiles ; comme si la fenêtre était devenue un vitrail. Comme si Fra Angelico s’invitait sous notre toit…